Le cancer pédiatrique inquiète les journalistes africains
Le cancer pédiatrique inquiète les journalistes africains

Ils étaient un peu plus d’une quarantaine d’hommes et femmes de médias  à  participer au webinaire  qui se déroulait le 27 mars 2024 sur la plateforme du réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN). Au menu de cette rencontre, des échanges avec le Dr Issimouha Dille, chargée de la lutte contre le cancer au bureau régional de l’OMS Afrique (Brazzaville) et le Pr Atteby Jean-Jacques Yao, chef du service d’oncologie pédiatrique à l’hôpital Mère-Enfant de Bingerville (Côte d’Ivoire) autour du thème « Le cancer de l’enfant en Afrique, parlons-en ».

L’initiative mondiale des cancers de l’enfant, lancée en 2008 par l’OMS, a identifiée six types de cancers comme étant les plus fréquents chez les enfants : le lymphome de Burkitt,  le lymphome de Hodgkin ou cancer de la partie immunitaire appelée système lymphatique, la leucémie ou cancer du sang,  le rétinoblastome  ou cancer de l’œil, la tumeur de Wilms ou cancer du rein et le gliome de bas grade ou cancer du cerveau. « Ce sont les six cancers qui ont été identifié parce qu’ils représentent 50 à 60% en fonction des pays, de l’ensemble des cancers de l’enfant. Ce sont les cancers les plus curables. Voilà pourquoi ils ont été identifiés comme action à prendre dans le cadre de l’initiative mondiale des cancers de l’enfant », indique le Dr Issimouha Dille. Le Pr Atteby précise que  le  lymphome de Burkitt est de loin le cancer le plus récurrent chez les enfants en Afrique subsaharienne. Il convient de noter que les cancers de l’enfant,  ce sont les cancers  qui attaquent les personnes de 0 à 19 ans.

Les causes

Contrairement aux cancers de l’adulte, il y a peu de cancers de l’enfant qui sont évitables parce qu’en général, il n’ya pas de causes connues, ce sont des cancers qui se développent  sur des tissus embryonnaires depuis avant la naissance. On ne peut pas prévenir les cancers pédiatriques mais par contre on peut lutter contre la mortalité en diagnostiquant tôt.  Pris en charge à un stade peu avancé, les cancers pédiatriques peuvent être traités et guéris. Dr Issimouha Dille, appelle par exemple les parents  à amener « les enfants en consultation aussitôt qu’on constate qu’il y a une tache à l’œil ». La bonne nouvelle communiquée au cours du webinaire par la chargée de la lutte contre les cancers au bureau régional de l’OMS Afrique c’est que huit cancers de l’enfant sur 10 peuvent être guéris. Dans les pays développés, on a 80% de taux de guérison. Quatre enfants sur cinq guérissent des cancers alors qu’en Afrique c’est un enfant sur cinq.

L’ampleur

 Il y a très peu de données sur le cancer en général en Afrique. « On sait quand même que sur les 400 mille cas diagnostiqués par an des cancers de l’enfant, 90% de ces cas se trouvent dans les pays à revenus faibles et intermédiaires dont fait partie l’Afrique subsaharienne. On sait aussi qu’un enfant sur 500 développera un cancer au cours de sa vie », souligne la chargée de la lutte contre le cancer au bureau régional de l’OMS Afrique. Il s’agit  d’une incidence à peu près de 50 à 200 pour un million de personnes. L’absence de données exactes est un vrai problème pour la lutte contre les cancers en Afrique. Dr Issimouha Dille précise que l’OMS travaille pour que les chiffres soient disponibles : « Tant que les pays n’ont pas de données exactes, ça ne deviendra pas un problème de santé publique pour eux, parce que c’est très peu de décès, c’est très peu de mortalité rapportés ».

L’expérience de l’hôpital  Mère-Enfant de Bingerville en Cote d’Ivoire

 Pr Atteby Jean-Jacques Yao, chef du service d’oncologie pédiatrique à l’hôpital Mère-Enfant de Bingerville nous renseigne qu’on recense aujourd’hui en moyenne 300 nouveaux cas diagnostiqués et confirmés en Côte d’Ivoire. C’est pratiquement le même tableau que dans les autres pays de l’Afrique subsaharienne. Sur les 300 cas qui sont diagnostiqués dans les statistiques, « on s’attend à un peu plus dans les projections, on s’attend à un peu près de 1000 nouveaux cas ».

L’hôpital Mère-Enfant enregistre en moyenne 80 nouveaux cas qui sont hospitalisés dans l’unité d’oncologie pédiatrique de ce centre. Il accueille les patients souffrant de toutes sortes de cancers, les tumeurs solides et les cancers de sang. Il dispose d’une équipe constituée de chirurgiens, pédiatres, biologistes. « C’est une équipe qui essaie de travailler depuis le diagnostic jusqu’à la prise en charge », indique le Pr.  C’est la chimiothérapie qui est réalisée au sein de l’hôpital Mère-Enfant  et les spécialistes sont accompagnés par leurs collègues chirurgiens qui se chargent de tout ce qui est volet chirurgical. La chimiothérapie est réalisée en externe. « Nous recevons les enfants assez tardivement, deux enfants sur trois sont reçus au moment où la maladie s’est déjà exprimée et a beaucoup évolué. Nous sommes autour de 40% des enfants qui s’améliorent, donc qui sont en rémission à la suite des traitements administrés. On n’a pas encore fait une courbe de survie »,  indique le  chef de service d’oncologie pédiatrique à l’hôpital Mère-Enfant.

Pour une bonne prise en charge du cancer de l’enfant, Dr Issimouha Dille, insiste sur le diagnostic précoce, l’accès au traitement, la présence d’une équipe constituée de plusieurs disciplines et des agents qualifiés dans les centres de traitement.

 

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