Entretien avec l’artiste musicienne camerounaise Inès D., basée aux USA | Crédit photo : ID
Entretien avec l’artiste musicienne camerounaise Inès D., basée aux USA | Crédit photo : ID

Entretien avec l'artiste Inès D diminutif de Inès Djakou,  une jeune artiste camerounaise de la diaspora, basée actuellement à Houston dans le Texas aux USA

Dans le souci de partager ses ambitions et rêves, nous avons rencontré le 18 juillet 2026, la jeune artiste camerounaise de la diaspora à quelques heures de son retour au pays de l'oncle Sam.

Son style musical est un mélange de rythmes du Cameroun sans exception. Elle ne veut pas dissocier les ethnies. Pour elle, la richesse c’est ce mix Bamiléké, Bassa, Eton, etc. C’est avec ce mélange de culture qu'elle a grandi. "Cela fait partie de son moi, de mon ADN", soutient-elle. Son single, Ka’a, fait beaucoup de tapage sur TikTok et Instagram.

Comme elle le dit, le but était de créer le "choc" et de montrer qu’on peut chanter en langues locales sur des rythmes modernes, et que c’est beau. Au début, très peu de gens croyaient que c’était fait par une Camerounaise. Donc  l'objectif à été atteint. Sa mission est de  "propulser la musique au-delà des frontières" et de représenter avec fierté la jeunesse camerounaise.

Inès D. est la nouvelle voix de la diaspora qui veut mettre les rythmes traditionnels camerounais au goût du jour avec sa version Afrobeats/Pop mondiale. Son credo est de porter le Cameroun à l’international sans renier ses langues et ses danses.

 

Centrifuge Hebdo : Bonjour Inès D. Est-ce que vous pouvez vous présenter à nos lecteurs ?

Inès D. : Bonjour, je suis Inès Djakou, avec pour nom d'artiste Inès D., résidant à Houston dans le Texas aux USA. Je puise mon inspiration dans mes racines Bamiléké, mais surtout dans mes racines camerounaises en général à la base. Mon registre est une mosaïque de sonorités camerounaises, bikutsi et bien d'autres, bref, ces sonorités qui ont bercé mon enfance.

 

Étant donné que vous êtes sur le départ après un séjour au pays, est-il prévu un concert lors de votre prochain passage ?

Inès D. : Oui, en effet, mon passage avait pour point d'orgue la soirée dédicace qui a eu lieu du côté de Douala dans la salle la Petite Métisse, et ça s'est bien passé. Là, il est question de revenir en décembre ou en janvier 2027 pour faire un concert à grande échelle, car nous sommes en pleine promotion avec mon EP Ka’a. Donc, un concert est téléchargement ici au pays. 

 

Pour votre titre Ka’a, quel est le retour que vous avez des mélomanes du pays (Mboa) ?

Inès D. : Beaucoup de compatriotes ne pensaient pas que cela soit l'œuvre d'une des leurs, et c'était un peu l'effet recherché. Mon objectif était de montrer qu'on peut changer le rythme bikutsi avec les paroles en Bamiléké, en Bassa ou autre chose, et c'est encore meilleur. Et je pense j'ai pu atteindre le but recherché, créer le choc. 

 

Quel est votre message à la jeunesse camerounaise ?

Inès D. : Tout ce que je peux dire, c'est que rien n'est facile, j'essaie de propulser les rythmes de chez nous au-delà des frontières. Le Canada semble aimer ce que je fais et j'ai deux concerts à Montréal à la fin de ce mois de juillet, c'est ce mélange de Mbolé, de nos cultures et ils sont bien étonnés, mais il faut être du continent pour le comprendre. 

 

Notre pays étant le creuset d'une mosaïque de cultures, quel est le lien que vous gardez avec la jeune génération d'artistes du terroir ?

Inès D : Je pense qu'il faut qu'on fasse attention, afin d'éviter de tomber dans la facilité. Nous avons vu Michael Jackson plagier le grand Manu Dibango ou encore James Brown plagier André-Marie Tala. Nous devons faire attention, à ne pas dénaturer notre identité culturelle en voulant trop faire comme les autres. Moi je retourne à la base. Dans mon prochain album, vous verrez qu'il y a une pygmée en featuring, de même que certains de nos frères du Sahel. Et c'est pour cela que les Occidentaux sont traumatisés aux USA, au Canada. Ils n'arrivent pas à comprendre. Je pense que nos jeunes ne devraient pas se séparer de notre patrimoine immatériel qui fait notre identité. Notre diversité culturelle demeure une richesse inestimable. 

 

En perspectives, à quoi devrait-on s'attendre dans les prochains jours ?

Inès D : Je voudrais apporter ma modeste contribution à nos compatriotes qui ont pour ambition de faire carrière dans la musique afin de leur offrir des opportunités de faire carrière.

 

Y a-t-il une chose qui vous a marquée durant votre séjour ?

Inès D : C'est l'unité camerounaise qu'on vit tous les jours au quotidien dans nos quartiers, la gentillesse des gens, cette présence des gens autour de vous, et je suis contente de vivre cette chaleur humaine. Bref, vous pouvez quitter physiquement le pays mais le Cameroun ne peut pas vous quitter car cette chaleur humaine vous manque une fois que vous êtes reparti. Merci.

 

Entretien réalisé par CN

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